Charte de bienveillance et de courtoisie
Se rencontrer sans se contraindre. Se reconnaître sans se posséder.
Préambule
Ordo Amoris est né d’une conviction : entre Initiés, une rencontre peut commencer ailleurs que dans l’apparence.
Elle peut naître d’une manière commune d’habiter le monde, d’une sensibilité partagée, d’une parole qui trouve son écho, de cette subtile reconnaissance qui précède parfois toute certitude.
Ordo Amoris n’est ni un Temple, ni une obédience, ni une loge, ni un espace de pratique maçonnique. Il est un lieu profane de rencontre exclusivement destiné à des Francs-Maçons et Francs-Maçonnes, conçu dans le respect de leur liberté, de leur intimité et de la diversité de leurs appartenances.
La présente Charte ne promet aucune rencontre. Elle en protège la possibilité.
Article 1 — La personne avant le profil
Derrière chaque profil se trouve une personne, avec son histoire, ses attentes, ses hésitations et ses limites.
Toute relation initiée par l’intermédiaire d’Ordo Amoris doit donc être conduite avec considération, mesure et discernement.
Nul n’est un catalogue de qualités, un objet de curiosité ou une réponse à une attente.
Article 2 — Une liberté entière
Toute personne demeure libre d’entrer en relation, de poursuivre un échange, de le ralentir ou d’y mettre fin.
Cette liberté n’a pas à être justifiée.
Un silence, un refus ou une décision de retrait doivent être respectés. Ils ne peuvent donner lieu à pression, insistance, culpabilisation, intimidation ou contournement.
Le désir d’une rencontre ne crée jamais un droit sur l’autre.
Article 3 — Le consentement comme seuil
Une rencontre n’existe que dans la réciprocité.
Aucune progression de la relation ne doit être présumée. L’accord donné à un échange ne vaut pas accord pour ce qui pourrait suivre.
Chacune et chacun demeure maître du rythme, de la nature et des limites de la relation.
Article 4 — La sincérité sans exhibition
Ordo Amoris invite à la sincérité, non à la mise à nu.
Chacun demeure libre de ce qu’il souhaite révéler de lui-même. Les informations communiquées doivent toutefois être suffisamment sincères pour ne pas induire volontairement l’autre en erreur sur des éléments déterminants de la rencontre.
La vulnérabilité confiée par une personne ne doit jamais devenir une prise sur elle.
Article 5 — La confidentialité
Ce qui est confié dans le cadre d’une rencontre appartient d’abord à celles et ceux qui l’ont partagé.
Les correspondances, confidences, photographies, coordonnées et informations personnelles reçues par l’intermédiaire d’Ordo Amoris ne doivent pas être diffusées, reproduites ou communiquées à des tiers sans l’accord de la personne concernée, sous réserve des obligations légales applicables.
Cette exigence demeure après la fin d’une correspondance.
Article 6 — L’appartenance maçonnique
L’appartenance maçonnique constitue ici une condition particulière d’accès, jamais un instrument de distinction sociale.
Aucune obédience, aucun rite, aucun grade, aucune fonction ou ancienneté ne confère de préséance dans la rencontre.
Les informations maçonniques communiquées dans le cadre du processus d’admission ne doivent être utilisées qu’aux fins prévues par Ordo Amoris et selon les règles exposées dans sa Politique de confidentialité.
Ordo Amoris ne doit pas devenir le lieu d’un dévoilement de l’appartenance maçonnique d’autrui.
Article 7 — Du Temple à la rencontre
Ordo Amoris est indépendant des obédiences et structures maçonniques.
Nul ne peut s’y prévaloir d’un mandat maçonnique qu’il ne détient pas, parler au nom de son obédience ou instrumentaliser une fonction, un grade ou une qualité maçonnique pour exercer une autorité sur une autre personne.
La rencontre appartient aux personnes. Le Temple n’en est ni la caution ni l’arbitre.
Article 8 — Absence de prosélytisme et d’instrumentalisation
Ordo Amoris n’est pas destiné au recrutement maçonnique, politique, religieux, commercial ou militant.
La relation ne doit pas davantage servir à solliciter de l’argent, vendre des prestations, obtenir un avantage professionnel ou exercer une influence étrangère à la finalité du service.
Article 9 — La courtoisie du retrait
Certaines rencontres ne se poursuivent pas. Cela ne constitue ni un échec ni une offense.
Ordo Amoris fait du respect du refus un principe constitutif de son fonctionnement.
Lorsqu’une mise en relation prend fin, ses participants doivent pouvoir poursuivre leur chemin sans être exposés à une nouvelle sollicitation automatique de la même personne selon les règles de courtoisie prévues par le service.
Article 10 — Protéger sans surveiller l’intime
Ordo Amoris veille au respect de son cadre mais n’a pas vocation à devenir spectateur des correspondances privées.
La modération doit rester proportionnée à ce qui est nécessaire à la sécurité des membres, au traitement d’un signalement et au respect de la présente Charte.
La confidentialité ne saurait toutefois protéger un comportement menaçant, frauduleux, harcelant ou manifestement contraire à la loi.
Article 11 — Signaler pour protéger
Toute personne confrontée à un comportement contraire à cette Charte doit pouvoir le signaler.
Un signalement doit être examiné avec discrétion, impartialité et proportionnalité, dans le respect des personnes concernées.
Selon la gravité des faits, Ordo Amoris peut notamment prendre des mesures de protection, suspendre un accès ou mettre fin à la participation au service.
Article 12 — Pouvoir partir
Entrer dans Ordo Amoris ne signifie jamais y demeurer.
Chacun doit pouvoir reprendre sa liberté, demander la fermeture de son compte et exercer ses droits relatifs à ses données personnelles selon les modalités exposées dans la Politique de confidentialité.
Quitter Ordo Amoris n’appelle aucune justification affective.
Article 13 — L’esprit d’Ordo Amoris
La présente Charte ne cherche pas à réglementer l’amour.
Elle pose seulement les conditions dans lesquelles une rencontre peut advenir sans que la technologie n’abolisse la délicatesse.
Ici, l’algorithme, l’interface et le dispositif doivent rester au service d’une chose profondément humaine : la possibilité de rencontrer librement quelqu’un que l’on n’aurait peut-être jamais rencontré autrement.
Accepter cette Charte, c’est accepter moins une règle de conduite qu’une exigence de relation : être libre sans être indifférent, sincère sans être intrusif, disponible sans être insistant, et toujours reconnaître dans l’autre une liberté égale à la sienne.
